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Vocabulaire comparé et autorthographe

suite à Des chiffres et des lettres

samedi 10 juillet 2004, par Etienne Ithurria

Après avoir relevé 6000 mots environ des Essais de Montaigne (édition Villey puf), avec leur fréquence et proportion comparées à celles du scripteur du Lycosthenes, nous avons décidé, puisque nous disposions d’une rubrique Observations d’intégrer la question de l’orthographe dans le même dossier, sous excel.

La question de l’orthographe de Montaigne est déjà abordée sur ce site, par exemple dans l’Introduction au Lycosthenes parue chez Slatkine, ou dans ma réponse à Max Engammare. La main de Montaigne est paléographiquement variable, comme celle du scripteur, mais aussi orthographiquement.

Après avoir achevé les statistiques comparées scripteur/Montaigne, mots avec leurs variations de déclinaison et de conjugaison, je me suis donc décidé à noter les observations orthographiques, l’autorthographe, dans la rubrique Observations du même dossier, ce qui me paraît in fine plus pertinent. Du coup, le dossier déjà consistant, de près de 6000 mots, devient encore plus important et s’élargit au-delà des Essais. Le paradoxe est que, pour cette affaire, je reviens à mes nombreuses observations primitives, que j’avais faites, dès 1987, à partir des éditions montaigniennes de La Boétie, à partir de l’imposante traduction de Sebond (édition de 1581), et, bien sûr, en revisitant les autographes divers (correspondance, le Beutherius, le Nicole Gilles, le César de Chantilly, le Quinte-Curce, le l’Angelier de Bordeaux, et, désormais, le Lucrèce, édité par Screech, sans oublier d’éventuels textes juridiques...). Bien des observations, entre autres, de Joseph Coppin, d’Eugène Voizard, du Dr A. Armaingaud, de Charles Beaulieux, de Brunot et Bruneau, de Georges Gougenheim dans sa grammaire du XVI ième s., de Nina Catach, de Mireille Huchon m’ont nourri dans ce marathon, même si leur nom n’est pas toujours mentionné.

En I987, mon objectif était de démontrer que mon scripteur s’apparentait au Montaigne pre-Essais (vocabulaire, orthographe, modus operandi). Aujourd’hui, mon principe de base est de partir du lycosthenes, plus exactement des graphies de son scripteur, et de m’assurer que toutes ou la quasi totalité des formes se retrouvent quelque part chez Montaigne, en donnant une priorité systématique aux autographes, les variantes imprimées n’étant sollicitées que secondairement, si nécessaire. Ce scripteur est montaignien, non seulement par son vocabulaire très "amyotique", mais aussi par son orthographe, dans ses variations essentielles : pas ou peu d’accentuation, pas ou peu d’apostrophes, doublement ou non de consonnes, i pour y, e pour ai, rémanences latines (a’), gasconismes, même "fantaisie" pour les noms propres et pour les majuscules ou pour les minuscules, mêmes pluriels en s pour ts, absence de consonne finale dans des impératifs, finale t pour d comme prent ou comme quant pour quand, e pour a comme vaillence, finales variables s/x, absence du e à la 3 ième personne du pluriel (soint), ouisme (ou pour o) et son contraire, hapax commun comme ly pour lui, aberrations ou lapsus à proximité du h chez l’un et l’autre, rareté du z et orthographe souvent simplement phonétique, comme il apparaît dans le détail du dossier. Peu de lettres superfétatoires. Comme on le constatera, corrections identiques à l’économie. Mêmes codes ou mêmes expressions de renvoi.

Ne négligeons pas le fait que ce scripteur est essentiellement un lecteur se renvoyant à des ouvrages imprimés, et donc à leur orthographe, ouvrages d’histoire, de droit... Et Dieu sait que ces éditions, Macaut, Amyot, la masse des traductions de Belleforest (Guicciardin Louys, Bandello notamment), Bouaystuau, Ordonnances Royales, constituent un réservoir incroyable de formes diverses, plus ou moins archaïques, plus ou moins normalisées par la belle aventure de l’imprimerie française, sur des dizaines d’années. Constatons que le scripteur ne s’astreint pas à respecter systématiquement l’orthographe de ces livres, révélant plutôt un penchant orthographique montaignien.

Il faut relire mon préambule du vocabulaire Des chiffres et des lettres ne serait-ce que pour se souvenir de la prudence nécessaire et des limites de ce travail : mon objectif reste donc bien limité prioritairement aux graphismes du scripteur. Je ne prétends pas - même si cela se dégage progressivement - à un travail exhaustif sur l’orthographe de Montaigne.

Ce bilan, on s’en doute, est provisoire. En principe, à l’automne prochain, j’ai l’intention de mettre à la disposition des chercheurs, sur demande personnelle par @mail, ce dossier, en l’état, pour échange, débat et amélioration, sous excel. (taille 3 à 4 Mo). S’ajouteront sans doute les mots du scripteur absents des Essais et qui donnent lieu souvent à renvoi vers d’autres écrits montaigniens (trad. Sebond, correspondance, marginalia).

Merci de vous manifester dès maintenant. Merci pour votre collaboration. Bonnes vacances à ceux de nos antipodes, heureuse activité aux autres. Recherche fructueuse pour tous.

Ajout du 18 décembre 2005 : malheureusement pour des raisons techniques et de procédure de diffusion FILM et CEDEROM ne sortiront qu’au cours de l’an 2006 : merci de suivre sur ce site les informations.

Ajout de mars 2007 : Surprise et sursis

Quid novi ? Vocabulaire et orthographe comparés de Montaigne et du scripteur

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